La parenthèse magique et estivale des Nuits de Saint-Jacques s’est refermée dans une tornade qui aura duré jusqu’au bout de la nuit. Jeff Toto Blues, Claudio Capéo et Jean-Louis Aubert ont offert un final en apothéose à une édition marquée par le contexte sanitaire, mais avant tout signe de la reprise des événements culturels qui nous ont manqué pendant de nombreux mois. Devant un public déchaîné, les artistes ont fait durer le plaisir encore, et encore…

Le soleil a brillé haut dans le ciel des Nuits de Saint-Jacques en ce dimanche 18 juillet. Et en plus de réchauffer les corps, il a surtout réchauffé les cœurs de nombreux festivaliers venus faire la fête avec Jeff Toto Blues, Claudio Capeo et l’inusable Jean-Louis Aubert. « Faire la fête », on ne croyait pas si bien dire… À grands coups de rappels, de montées et remontées sur scène, le public s’est vu proposer près de 4h de show avec une énergie folle dans une soirée qui restera hors du temps et marquera certainement les esprits du festival des Nuits de Saint-Jacques.

Jeff Toto Blues aka Jean-François Thomas est un blues man à la voix rauque, coup de cœur de l’organisation qui a souhaité une nouvelle fois mettre en valeur les artistes locaux. Un timbre rocailleux, à la Joe Cocker et ce son qui rappelle la route 66, américaine décapotable direction Memphis. Pendant une grosse demi-heure, Jeff Toto Blues a chanté ses compositions puis repris quelques classiques des chanteurs qui l’ont véritablement inspiré : Alain Bashung, Christophe, en faisant même un petit détour Outre-Manche pour saluer The Rolling Stones.

Claudio Capeo ne s’est ensuite pas fait attendre. Si heureux de remonter sur scène après des mois de galère, il a survolté le jardin Henri Vinay dans son style si souriant, si énergique, avec cette voix unique. Lui qui n’a pas manqué le plaisir de partager ses notes d’accordéon a aussi très largement repris les titres de son album en italien Penso a Te, faisant un clin d’œil à l’éternel Zucchero avec Senza una donna.

Après l’émotion de cette voix puissante mais singulière, Claudio Capeo s’est laissé aller à toutes les folies avec ses titres qui font sauter, danser ! Que Dieu me pardonne, Dis-le moi, Ca va ça va et son immortel Homme debout ont fait basculer une soirée déjà merveilleuse, dans l’excitation la plus totale. Le déhanché du public ne trompe pas l’artiste qui va revenir sur scène pour littéralement foutre le feu en reprenant I like to move it MOVE IT ! Une scène incroyable, un dancefloor à ciel ouvert.

Viendra le temps des au revoir avec sa chanson Riche, qui conclura une prestation de très très haut vol. Chapeau Monsieur Capeo !

Le rideau allait tomber sur Les Nuits de Saint-Jacques alors que 22 heures sonnaient déjà. La nuit étoilée apparaissait lentement quand des Jean-Louis Jean-Louis montaient crescendo depuis la fosse. C’est alors que les premiers accords de guitare ont fait lever une véritable hystérie. 10 ans après sa dernière venue au Puy-en-Velay, ici au jardin Henri Vinay. Le voilà qui prend possession d’une scène qui deviendra sienne jusqu’à minuit, foulard noué autour du cou et veste en cuir cintrée. Jean-Louis Aubert, grand parmi les grands, n’attendra pas longtemps pour embarquer son public dans une soirée folle.

« Je crois que Le Puy-en-Velay fait partie de mes villes préférées », déclare-t-il avant d’enchaîner sur Les plages. Mais vous public, on parle des plages mais savez-vous nager ? Nager loin… pour traverser jusqu’à New-York ! Un jour j’irai à New-York avec toi, toutes les nuits déconner… La clameur monte au son des titres de Téléphone qui seront repris en chœur toute la soirée.

Son immense carrière l’inscrit dans la catégorie des faiseurs de tubes, une légende du rock français. Chaque accord, chaque note de guitare sera un voyage vers les incontournables Alter Ego, Argent trop cher, Parle-moi, Ailleurs, Juste une illusion, La bombe humaine… Tout y passe, le temps file comme les années qui ont glissé sur son immense talent et que dire de ses Sculpteurs de Vent qui joueront à tue-tête pendant près de deux heures !

Un concert de Jean-Louis Aubert ne saurait oublier Un autre monde et Ça c’est vraiment toi qui clôtureront une soirée parfaite en tout point. Avec l’envie de ne jamais quitter SA scène et SON public. Il réapparaîtra une dernière fois dans la nuit vellave, guitare sèche à la main… Voilà, c’est fini…